Introduction

Celui ou celle qui décide d’investir en Roumanie, de monter une affaire, d’exporter ou d’envisager un partenariat, dispose de solutions et d’outils extrêmement intéressants pour boucler  et soutenir son plan de développement à l’international.

Prenons par exemple, les incitations fiscales : si vous gérez en Roumanie, une SRL (Société à Responsabilité Limitée) et réalisez un chiffre d’affaire de moins d’un million d’euros, vous êtes une microentreprise. Microentreprise en Roumanie signifie donc, moins d’un million d’euros de chiffre d’affaires/année et moins de 9 salariés. Les microentreprises avec minimum 1 salarié en Roumanie, payent une taxe de 1% sur le revenu, et 5% sur les dividendes. Avec 6% tout est déjà payé.

similitudes et différences culturelles Roumanie

Si votre microentreprise ne dispose d’aucun salarié, vous payez 3% sur le revenu et 5% sur les dividendes. Total 8%.

Si votre entreprise réalise un chiffre d’affaires de plus d’un million d’euros, vous payez 16% sur le profit, 5% sur les dividendes. Pour en savoir plus sur la fiscalité en Roumanie, cliquez ici !

Au niveau des aides à l’implantation et au développement des entreprises en Roumanie, des outils et des soutiens divers existent également. A titre d’exemple, les entreprises qui développent en Roumanie une activité économique, dont la valeur du projet s’élève à minimum un million d’euros, peuvent obtenir de la part de l’État une aide financière qui, selon la région d’implantation, peut s’élever jusqu’à 50% du financement du projet. Pour en savoir plus à ce sujet, cliquez sur le lien suivant : Aides d’État.

Les avantages d’investir en Roumanie sont nombreux. Toutes celles et tous ceux qui s’interrogent aussi sur la question de l’embauche, trouveront une réponse au sein de cet article.

Pour se donner plus de chance de conclure son affaire et d’atteindre son but, j’aborderai également ici, le sujet de la communication efficace avec les interlocuteurs de ce pays.

Lorsque vous décidez d’approcher un nouveau marché, vous êtes forcément confrontés à des mécanismes psychologiques et sociologiques nouveaux. Il s’agit des représentations inhérentes aux valeurs familiales transmises par l’éducation et des constructions de schémas culturelles propres aux individus. Ces représentations mentales peuvent être conscientes ou inconscientes et influencent positivement ou négativement vos relations. Les croyances forgent également des représentations de l’esprit,  et de plus, peuvent s’accompagner de tabous.

C’est pourquoi, avant d’aller sur le terrain et surtout avant d’approcher un roumain, une étude culturelle est nécessaire. Nous parlerons aussi dans cet article, des différences entre les roumains et les français. Négliger ces différences peut causer des malentendus divers et provoquer des blocages de communication et de compréhension.

Les différences socio-ethniques

différences culturelles communauté

D’un point de vue démographique les populations françaises et roumaines sont assez proches. L’âge médian en 2016 se situait pour les deux pays aux alentours de 39 ans pour les hommes et 42 ans pour les femmes et dans les deux cas, une population vieillissante de 21 millions pour la Roumanie et 67 millions pour la France. (Données issues de Wikipédia).

Importance de l’âge

Si une part des plus âgés tend à regretter la sécurité de l’emploi et la vie d’autrefois qu’offrait le régime communiste, la génération plus jeune, elle, admire tout ce qui est occidental et moderne et souhaite progresser dans un système libéral.

En général, les jeunes sont plus souples dans leurs jugements et se comportent de la même façon qu’en France.

Lors de vos rencontres sur le terrain en Roumanie, vous serez amenés à interagir avec les deux catégories de personnes. La cohabitation de deux générations élevées différemment peut surprendre un occidental.

Ainsi il n’est pas rare en Roumanie que les seniors fassent preuve d’une extrême galanterie envers les femmes ou d’une politesse que vous pourriez trouver exagérée.

Les quelques lignes suivantes s’adressent spécialement à vous Mesdames : lors de vos premières rencontres sur le terrain, il est très probable que des hommes s’inclinent et vous baisent la main, vous ouvrent la porte pour vous laisser passer la première, vous offrent leur siège, ils attendent que vous preniez place avant de s’asseoir à leur tour, etc.

N’y voyez pas une marque d’affection ou de harcèlement. Ces habitudes sont tout à fait normales dans le pays. Les jeunes peuvent aussi se comporter de manière  galante, mais ne vous baiseront pas la main lors d’une première rencontre.

différences culturelles

Les communautés

Effectivement, la Roumanie s’est formée sur la base d’une union de peuples assez diverse composée de migrants qui se sont installés au cours des siècles (hongrois, saxons, russes, turcs …) Mais aujourd’hui plus de 80% de la population est assimilée se dit roumain, roumanophone, et les minorités qui demeurent ne sont pas si nombreuses. Néanmoins, chaque individu souhaite préserver sa culture sans renier la culture générale du pays.

Ainsi, en Roumanie, comme en France, il ne faut pas confondre les roms avec les roumains.

On entend souvent à l’étranger parler de la communauté gitane (les roms). Cette minorité ne représente guère plus de 3% de la population et s’il est vrai qu’elle pose problème y compris en Roumanie par leur manque d’intégration et leur implication dans de nombreux larcins commis, néanmoins, beaucoup de roms du pays se sont fait apprécier grâce à leur talent dans les arts (ils fabriquent à la main des très jolies pièces originales : des objets divers en cuivre, des bijoux, des pièces de cuisine en bois…) et sont également doués pour la musique.

Le niveau social

Avec des salaires moyens tournants autour de 400 – 500 euros par mois, (je parle du salaire d’un ouvrier), il va sans dire que la plupart des roumains vivent au jour le jour, ce qui représente déjà une différence primordiale avec la France. Et cela explique beaucoup de comportements. Pour compléter leurs revenus légaux insuffisants, il n’est pas rare, qu’en plus de leur travail légal, les roumains, recourent souvent à un travail occasionnel (dans la plupart des cas, au noir), ou que certains s’expatrient.

On peut donc conclure des éléments précédents, que dans une grande proportion les roumains représentent une main d’œuvre respectueuse, habituée à travailler dur, dans un contexte de management hiérarchique et directif. Il s’agit en même temps d’une main d’oeuvre ouverte à l’apprentissage et à l’évolution avec l’avantage de parler une langue d’origine latine assez proche du français qu’ils comprennent et pratiquent assez usuellement.

Les différences culturelles

L’influence de la religion

religion ROUMANIE

En Roumanie, la religion est davantage pratiquée qu’en France. La chrétienté orthodoxe, autant que la politique passée, marque de son empreinte, à la fois les comportements et le rythme de la vie, et cela surtout dans les campagnes.

Environ 50% de la population de la Roumanie va encore à l’église.

La place des traditions

Les traditions occupent, elles aussi, une place importante dans la vie des roumains. Les fêtes religieuses ou civiles sont nombreuses et suivies. Les gens adorent passer du temps avec leur famille, avec leurs amis, avec ceux qu’ils aiment. Dites-leurs que tout cela empêche l’activité de l’entreprise et vous les perdez.

Fréquemment, les étrangers reprochent aux roumains, de donner trop d’importance au cercle familial, amical, et que de ce fait d’être moins disponibles pour les activités de l’entreprise. En opposition, les roumains, eux, voient dans leurs partenaires français qui portent ce type de jugement, des êtres indifférents, froids et distants, qui ne s’intéressent qu’à leurs objectifs personnels et matériels.

Il est important de bien comprendre la place du travail dans la vie d’un roumain. Pour beaucoup, le travail (d’autant plus s’il est mal rémunéré) à moins d’importance que la famille. Les roumains ne se sentent pas, comme en France, dépendants de l’entreprise qui les emploient. Ils n’ont pas peur de perdre leur emploi. C’est leur côté indépendant et débrouillard. Certains, souvent, ont un double emploi (la situation en Roumanie l’impose), où sont persuadés qu’ils trouveront facilement du travail ailleurs.

La communication verbale et non verbale

Un décalage historique, économique et social existe entre ces deux pays, la Roumanie et la France. C’est dur, mais il faut le dire, dans les yeux des ressortissants des pays développés, la Roumanie « est un pays de rang inférieur ». Nous sommes trop conscients de la présence de cette étiquette dans les esprits et cette « différence » est difficile à digérer pour les roumains.

Une première erreur serait de s’adresser aux roumains en affichant une attitude faite d’autosuffisance, d’arrogance ou de supériorité. Par opposition aux français, les roumains pratiquent souvent le questionnement par sondage direct et ils sont plutôt analytiques.

Pour ne pas les offenser, votre attitude doit leur inspirer suffisamment de confiance pour que vos interlocuteurs sentent que c’est vous la personne avec qui faire affaire et sur laquelle ils pourront compter dans le futur. Et cela surtout avec les seniors et les administrations que vous allez rencontrer.

Si vous transmettez une énergie positive, vous recevez une énergie positive en retour. Vous serez d’autant plus respecté, si lors des rendez-vous, vous réaffirmez et présentez votre désir de contribuer au développement de la région dans laquelle vous vous installez et de vouloir sincèrement  vous intégrer au pays.

Pour les roumains, les premières rencontres sont très importantes et les rendez-vous sont pris très au sérieux. Rien de nouveau : comme en France, dans des « coins diplomatiques » sur la table de rencontre, vous découvrirez  toute sorte de choses à grignoter, des rafraîchissements, toute la documentation et les papiers nécessaires à la séance, des stylos-bille… Bref, tout ce qu’il faut pour que rien ne puisse interrompre le déroulement des débats.

Lors de premiers rendez-vous, les gens se serrent la main et débutent la conversation en gardant leurs distances. Puis ils vous sondent : votre attitude, votre regard, vos mots, votre apparence etc. Une blague un peu déplacée que vous placez dans l’espoir de détendre un peu l’atmosphère, le refus de serrer la main lors des salutations, ou tout autre petit geste un peu déplacé, apparemment insignifiant pourrait offenser un roumain.

En bref, attention au langage du corps, au ton de votre voix, aux petits gestes inappropriés, et surtout prenez les mesures pour que votre attitude ne soit ni trop relâchée, ni trop rigide, du moins lors des premières rencontres.

Un air fatigué ou une apparence négligée peut laisser aux interlocuteurs l’impression que vous ne serez pas capables de mettre en place et de mener à bien vos projets ; l’apparence et la tenue est très importante lors des rendez-vous (nous avons même une tenue de ville).

Le message verbal

S’il est important de montrer que vous avez confiance en votre projet et que vous souhaitez réellement vous intégrer, il est tout aussi important d’utiliser des propositions simples et d’exposer des objectifs clairs.

Par opposition aux français qui aiment bien mesurer tous les paramètres afin de s’assurer que tous les détails ont été exposés, les roumains eux, pensent qu’on perd trop de temps à discuter et que finalement les décisions prises ne sont ni assez claires, ni assez satisfaisantes pour toutes les parties. Les roumains sont, en général, capables d’aborder les questions sous tous les aspects, mais on aime pas trop s’y attarder : nous sommes des personnes d’action, impliqués et dynamiques qui dans les débats préférons seulement nous centrer sur l’essentiel pour pouvoir passer à l’action au plus vite.

Vous allez échanger avec des gens qui ne connaissent probablement rien de votre métier. Il est donc très important de bien transmettre vos idées et de laisser aux interlocuteurs la possibilité de parfaitement comprendre votre message dans une langue qui n’est pas la leur. Si le message n’est pas bien compris, les transactions échoueront.

Le conseil est d’éviter le plus possible les termes trop techniques, d’utiliser des mots simples et clairs, de ne pas trop s’attarder sur les sujets déjà exposés et de s’assurer que les décisions qui seront prises seront bénéfiques aux deux parties.

Dans mes voyages d’affaires à l’étranger, j’ai souvent remarqué chez mes interlocuteurs étrangers une habitude qui m’a souvent choquée : « les messes basses » (des commentaires désagréables et les échanges  « restrictifs » entre partenaires, en ma présence). C’est très mal vu par les roumains, surtout par ceux qui comprennent plusieurs langues : une marque de non-respect, d’autosuffisance et d’arrogance. Beaucoup de roumains ont appris plusieurs langues à l’école y compris le français, et même s’ils ne le pratiquent plus, ils le comprennent  assez bien.

La part des émotions

différences culturelles émotions

L’une des choses qui peut surprendre un étranger qui vient pour la première fois en Roumanie, c’est notre façon de nous exprimer.

Sur les terrasses, dans le métro, lors des rencontres amicales, les gens parlent fort et expriment leurs émotions en public. Le ton est souvent animé et les débats passionnés sur les sujets qui intéressent. Les décibels et l’intonation enflammée effrayent un peu les étrangers de passage dans le pays. Vous pourriez avoir l’impression qu’une dispute va éclater, alors qu’il ne s’agit que d’enthousiasme spontané. A ce sujet, je crois que nous nous ressemblons beaucoup aux italiens. Nous avons ce « côté » latin.

L’irritation, la colère, l’affection sont des sentiments mal dissimulés chez nous. Mais n’ayez aucune crainte, lors d’une querelle nous n’en venons que rarement aux mains.

Par conséquent n’ayez pas peur de vous montrer direct, franc, et de nous parler librement. Votre façon d’exprimer vos opinions et vos émotions, ne nous offensera pas. Nous sommes capables de nous remettre en question et pour éviter les problèmes ultérieurs, il vaut mieux être clair dès le début. En général nous ne sommes pas rancuniers et « les histoires » seront vite oubliées.

L’attitude envers les étrangers

L’hospitalité des roumains est bien connue en dehors des frontières. En général, les roumains sont aimables, amicaux, et ils sont toujours heureux de vous venir en aide. Si en plus vous réussissez à gagner leur confiance, vous serez surpris de constater jusqu’à quel point leur la générosité est grande. Les roumains estiment beaucoup les personnes qui savent apprécier notre cuisine ou notre tuica (clin d’œil), et si vous l’approuvez, ils vous en offriront avec constance.

Les différences au travail

similitudes et différences culturelles Roumanie

Précisément, l’une des problématiques des entreprises implantées aujourd’hui en Roumanie, est le manque de la main d’œuvre. Dans une ville comme la région de  Bucarest, la ville Cluj ou autres grosses villes de Roumanie, où beaucoup d’entreprises sont à l’affût de bons éléments, le salarié est très conscient de son pouvoir. Les entreprises développent toute sorte de stratégies pour attirer et séduire leurs salariés. Si l’attitude de l’employeur est dictatoriale ou ne tient pas compte de leur vie privée, de leurs intérêts et de leur bien-être, les salariés n’hésitent pas à partir ailleurs.

Le taux de chômage en Roumanie était de 3,9% en Janvier 2019 (source Eurostat).

Les considérations financières, un très bon leadership, un environnement de travail agréable, sont donc les meilleures stratégies à appliquer en Roumanie pour garder les bons éléments.

La lourdeur administrative

J’ai déjà traité ce sujet dans un article précédent. Effectivement la bureaucratie en Roumanie est pesante. Les règles changeant en permanence, compliquent la gestion de nombres d’entreprises et nécessitent de se tenir en permanence au courant des évolutions jusque dans l’expertise. Pour en savoir plus à ce sujet cliquez ici.

Prenons l’exemple d’un petit entrepreneur : il porte souvent plusieurs casquettes. Il doit constamment se tenir informé de la législation,  s’occuper de sa  gestion, des devis, de la facturation, des relances, du service après ventes, etc. Il s’agit de maîtriser l’ensemble des problèmes qui se posent à une entreprise. Même si ceux-ci ne sont pas forcément complexes, leur multiplicité, leur simultanéité, et leur fréquence compliquent la tâche de l’entrepreneur, qui n’a plus le temps de réaliser des d’analyses poussées. Et il met à mal sa  réputation et celle du secteur.

Dans mes échangés avec divers experts, j’ai appris que «durant ces 10 dernières années, à l’exception de 2 années, toutes les mesures prises par le gouvernement avaient pour but de « relaxer » la fiscalité pour les entreprises. Exemple : si la TVA était de 24%, aujourd’hui elle est de 19%. Si l’impôt sur les dividendes était de 16%, aujourd’hui, l’impôt sur les dividendes est de 5%».

Sans doute, la bureaucratie continuera encore quelques années à être chicanière.  Mais cela n’empêcherait pas le développement des entreprises en Roumanie.  Nombreux sont ceux ayant déjà réussi. Prenez l’exemple des entreprises comme Michelin ou la Société Générale, et plein d’autres enseignes plus au moins connus.  S’il y a une raison pour laquelle toutes ces marques ont réussi, c’est justement parce qu’ils veillent au développement de l’environnement et des personnes dans lequel ils évoluent.

La hiérarchie et la prise de décision

Les français reprochent souvent aux roumains d’être dépourvus d’initiative et de rester dépendants de leur hiérarchie.

Je suis en désaccord avec les propos de certains hommes d’affaires. Si certaines entreprises évoluent et réalisent des performances extraordinaires en Roumanie, c’est justement grâce à la créativité, à la capacité d’adaptation et à la volonté de progrès de ses employés.

Les PDG, les directeurs, les superviseurs étrangers eux, jouissent de beaucoup de pouvoir au sein de l’entreprise et souvent pour mieux faire, s’impliquent même dans la micro-gestion. C’est peut-être « grâce » ou « à cause »  d’un style autoritaire, (qui ressemble à l’ère communiste), que les entreprises se confrontent  à une absence de créativité et à un manque d’originalité de la part de roumains.

En réalité, les roumains aiment bien exposer leurs idées, être consultés et s’impliquer dans les réunions, ou dans les prises de décision. Mais il est fort probable que dans certaines entreprises ils aient peur du ridicule, ou ne se sentent peut-être pas encore assez libres pour prendre la parole et partager leurs idées. Et cela d’autant plus si leur hiérarchie ne leur fait pas confiance. Recrutez des bons éléments, faites-leur confiance et laissez-les agir. Vous serez surpris de découvrir la « vitesse » avec laquelle l’initiative se manifeste, et les idées se développent.

L’une des raisons pour lesquelles je publie aussi sur notre site des histoires à succès, c’est pour justement, montrer que les roumains sont eux aussi capables d’exploits extraordinaires et qu’ils ne sont pas dépourvus de créativité ou de talent.

Le savoir être

différences culturelles -roumaine

Le rapport à l’autorité se trouve affecté par ce que j’ai décrit précédemment et est un facteur à prendre en considération. Par contre un certain savoir être modeste est simplement traditionnel en Roumanie.

La façon de s’adresser à quelqu’un, est différente en fonction de la position sociale de chaque individu. La familiarité avec les subordonnés et surtout avec les inconnus n’est pas de mise. Le tutoiement est à sens unique vers le bas et les prénoms sont en général utilisés dans un cadre amical ou familial.

Au travail, ou lors de négociations entre partenaires il convient de s’adresser aux interlocuteurs de façon formelle en utilisant le nom de famille précédé du mot Madame ou Monsieur. La rivalité entre subordonnés ou entre partenaires ne s’exprime pas aussi ouvertement qu’en France.

Après les premières rencontres et après sondage de la relation, si le courant passe bien, si vous parvenez à gagner en confiance, la formalité peut s’adoucir et les conversations vont devenir plus chaleureuses. Très vite, vous serez même invités à utiliser les prénoms.

L’investissement au travail

liste d'idées

S’il y a encore un sujet que je souhaite aborder ici, c’est la question des heures supplémentaires et le travail durant le week-end.

La plupart des contrats de travail établis même avec les cadres, ne prévoient pas d’heures supplémentaires. Les salaires sont fixes et les horaires également.

Ayant personnellement travaillé à l’étranger et en France, je peux préciser que le roumain ne perd pas de temps avec des tâches futiles et ne cherche pas à paraître plus investi qu’il ne l’est vraiment avec une présence inutile. Il va au contraire chercher à rentabiliser son temps de travail de façon à privilégier sa vie privée, sans escroquer son patron et à rester productif le lendemain.

Les heures supplémentaires existent mais ne seront effectuées qu’avec l’assurance d’une rémunération en retour.

En revanche les grèves sont rares en Roumanie. La négociation est privilégiée.

Les choses se passent à l’identique dans les relations d’affaires. Si vous demandez à un partenaire éventuel roumain, de vous recevoir en dehors des heures de travail,  à moins de bien connaître la personne, vous avez toutes les chances de recevoir des remarques désagréables. Rappelez-vous, la famille d’abord !

Les règles et accommodements

La Roumanie, un pays en transition, avec une main d’œuvre sous-payée, est souvent vue comme l’endroit où il serait facile de « s’arranger », puisque c’est ainsi que procèdent les roumains eux-mêmes, lit-on souvent dans les médias.

La corruption, je ne peux le nier, existe bien en Roumanie, comme elle existe aussi dans d’autres pays du monde. Mais, les roumains, avec leur tempérament latin, ont sans doute trop tendance à laver leur linge sale en public. Ce qui en fait la proie facile des médias. En réalité, les roumains, sont peut-être, simplement un peu plus francs que les autres et en tous les cas soucieux d’intégrité.

Des mesures récentes ont été prises à ce sens et je suis personnellement optimiste sur la question. En effet, beaucoup de contrats qui présentaient des zones d’ombre ou des ambiguïtés ont été contestés dernièrement, surtout parmi ceux qui ont été signés durant le mandat des administrations précédentes.

Le conseil est donc de ne pas céder aux tentations. Ces pratiques et ces comportements, deviennent autant des sources de litiges, de difficultés et de conflits postérieurs. Par opposition aux individus qui y cèdent, et qui, au final, ne s’attirent que le mépris et causent leur perte, ceux qui résistent, s’attirent le respect et perdurent  sur le marché.

En cas de propositions malhonnêtes ou litigieuses, sachez que votre refus sera  parfaitement compris et accepté sans causer aucun problème. Le conseil est donc d’agir sur du long terme.

Le partenariat

différences culturelles au travail

En général, les roumains sont des partenaires d’affaires en lesquels vous pouvez avoir confiance. Ils respectent les délais et les clauses des contrats signés, ils règlent leurs dettes. Mais pour être franche, tout dépendra du genre de personnes que vous allez rencontrer sur votre route (en affaires).

Comme en France ou ailleurs dans le monde,  vous pouvez avoir la malchance de tomber sur la mauvaise personne. Avant de signer un contrat, avant de réaliser une opération bancaire, le conseil est de bien se renseigner sur la fiabilité de votre interlocuteur et de lui demander les références habituelles qui s’appliquent à votre métier.

En ce qui concerne le développement de votre activité en Roumanie, il n’est pas nécessaire de s’associer avec un partenaire local, mais il est sage de s’entourer des conseils. Par prudence, certaines dépenses en frais d’avocats, conseils ou intermédiaires sont un investissement nécessaire. Méfiez-vous des intermédiaires qui vous proposent des tarifs anormalement bas, des locaux gratuits, qui entendent se faire payer plus tard, ou qui adoptent des procédures de travail douteuses.

Recherchez plutôt le contact avec des personnes irréprochables.  Il ne s’agit pas de taxer de malhonnêtes tous les intermédiaires ou les partenaires locaux. Mes recommandations sont seulement de mettre en place des contrôles serrés de leurs activités et des mécanismes de reporting. Et surtout, ne pas gérer les questions importantes depuis la France en minimisant les déplacements.

Le conseil est donc de partir à l’aventure avec un très bon bagage d’informations obtenues des sources différentes, recoupés entre elles et étayes par des constats recueillis sur le terrain.

Établir de bonnes relations

Pour construire des partenariats et des relations d’affaires durables en Roumanie un conseil essentiel : le face à face est à privilégier. Les relations personnelles sont essentielles en Roumanie.

A titre d’exemple, avant de signer un contrat, il est important d’établir une relation avec les gens et de faire connaissance. Intéressez-vous à eux et à ce qu’ils font.

La communication par écrit, lorsqu’elle a lieu, se résume à l’essentiel. Les roumains sont toujours prêts à explorer de nouvelles opportunités et s’enflamment assez vite. Mais si la relation n’est pas entretenue par des fréquentations soutenues et des activités communes «  la flamme » s’éteint à la même vitesse.

Quels types de fréquentations et quels types d’activités communes ? Rien de différent des manières appréciées en France : un dîner d’affaires pour mieux se connaître, une invitation à votre stand lors d’un salon, une invitation à visiter votre entreprise, ou simplement prendre un café ou un verre ensemble et se tenir informés sur les changements de votre partenariat ou le développement de vos projets respectifs, etc.

Souvent, les décisions importantes en Roumanie, sont prises en fonction des influences du moment et du contexte.

Par opposition aux français, qui n’aiment pas les confessions personnelles, les roumains eux aiment se livrer et parlent avec sincérité de leur vie privée. Posez-vous la question : êtes-vous prêts à les entendre ? Si le partenaire roumain, ne vous sent pas assez impliqué dans votre relation avec lui, sur le long terme, les affaires échoueront. Si vous comptez développer en Roumanie des relations à distance, les visites fréquentes sur place et le contact direct sont à privilégier.

Différences anecdotiques

Il y aurait encore beaucoup à dire sur les différences et les similitudes entre les français et les roumains. Je vous en expose ici quelques-unes supplémentaires à titre plus anecdotique:

  • Lors des échanges nous sommes plutôt orientés sur des discussions d’avenir
  • Sujets tabous à éviter : notre pauvreté, Vlad Tepes (Dracula), critiquer le pays
  • Le temps qui passe, la météo, sont de bons sujets d’introduction
  • Le quart d’heure de retard s’appelle le quart académique chez nous
  • Les étrangers se plaignent de la conduite des automobilistes roumains : jugée dangereuse de leur point de vue

Conclusion

L’intérêt de s’installer en Roumanie et les opportunités qu’offrent ce pays ont déjà été décrites dans mes autres articles.

Mon conseil, à celui ou celle qui désire s’installer en Roumanie, ou lier un partenariat, sera de pratiquer un management souple et participatif. Susciter d’abord l’établissement d’une confiance préalable, et pour sa pérennité, entretenir des relations plutôt personnelles et suivies.

Un potentiel de recrutement de main d’œuvre existe en Roumanie ainsi que des affaires nombreuses à développer. En ce qui concerne notre culture, elle est proche de la culture française. Ce qui change, ce sont les méthodes de travail.

Etant donné que les différences entre nos deux pays, sont  assez peu marquées, un avenir commun, sans gros efforts de part et d’autres, est tout à fait envisageable.

Post-scriptum

Cet article que je vous livre, n’est pas un état de faits incontestable. Il n’est qu’un point de vue étayé de quelques documents et du contexte dans lequel j’ai grandi et évolué depuis mon enfance.

Mes vérités n’étant pas universelles sur un sujet aussi vaste,je concède volontiers le droit à quiconque de me contredire. Mes affirmations sont le fruit d’une bonne expérience des relations franco-roumaine que j’ai expérimentées durant mes études et dans le cadre professionnel.

Je vous ai exposé ces quelques lignes dans un désir de vous aider à développer des liens d’affaires durables. Que vous soyez d’accord ou non avec ces lignes, je vous encourage vivement à me faire part de vos expériences  et de vos commentaires. Cela m’aidera à « actualiser » et enrichir mes connaissances et à produire une étude culturelle plus solide et plus précise .

Nombreux sont ceux qui m’ont encouragé et soutenue pour la réalisation de cette étude :

  • Patrick Harlegand (mon partenaire sur ce site ), a injecté dans ce dossier sur la culture, un savoir –faire rédactionnel considérable, ce dont je lui suis reconnaissante.
  • Razvan Lizo, également mon partenaire sur ce site, qui a lui aussi, lu cette étude. Plusieurs fois. Et son avis sur le contenu m’a été également précieux.
  • André A. Anglade, expert en Gestion documentaire, Veille, Stratégie & Marketing Digital, l’un de nos lecteurs de Canda, m’a donné un exemple concret de méthode de travail en Roumanie.
  • Nicolae Dragulanescu, ancien ministre roumain, professeur et  président de la Ligue de coopération culturelle et scientifique Roumanie-France, qui a mis, lui aussi, à ma disposition quelques «  matériaux  à réflexion »
  • Un chef d’entreprise français qui dispose de 5 ans d’expérience dans les affaires en Roumanie

Un énorme Merci à tous ! Si cette petite étude culturelle n’est pas encore parfaite,  la responsabilité me revient intégralement.

Pour réaliser cette étude je me suis servie aussi d’autres sources que je vous encourage vivement à consulter :

www.france-roumanie.com

Business Culture.org

www.international.gc.ca

Exporter/Investir en Roumanie

Si vous avez des remarques à me faire ou si vous avez une demande d’analyse particulière en lien avec la Roumanie, je vous invite à m’écrire à l’adresse mail :contact@roomanies.com

Je reste également à votre disposition pour vous aider dans vos démarches d’implantation en Roumanie : recherche de partenaires et de collaborateurs en Roumanie, je réalise des études de marché, j’oriente, je mets en contact et j’assiste, j’accompagne les créateurs d’entreprises dans leurs missions stratégiques en Roumanie (salons, organisation RDV d’affaires, négociations, implantation commerciale en Roumanie…)