La forêt d’argent : Une question de confiance

Il y a quelques temps, le 13 Août exactement, est passé à la télévision française (sur Arte) un film de Emmanuel Bourdieu de 2019 : « La forêt d’argent » d’après un roman : Kidnapping de Gaspard Koenig publié en 2016. Un titre bien prometteur, et, j’imaginai d’abord une forêt d’acacias aux fleurs et feuilles miroitantes parmi les nombreuses et endémiques forêts dont recèle la Roumanie.

Et puis, il n’est pas si fréquent de voir des films parlant de la Roumanie, sauf pour présenter des histoires sombres et effrayantes de vampires et de loups-garous en Transylvanie.

Alors, je me ruai dessus… Je fus un peu déçu…

La forêt d’argent était plutôt une forêt d’euros. Le film n’est pas exempt des clichés habituels. Le Roumain (la Roumaine ici) évolue dans son univers coutumier de pauvreté naïve et superstitieuse puis se trouve finalement suspectée de malhonnêteté. Le Français, lui, est arrogant, peu reconnaissant, mou dans ses convictions, infidèle à ses engagements, et la phrase prononcée par la mère le résume ainsi : Il ne faut pas travailler pour des gens qui ne savent pas prendre soin de leur propres enfants…

L’histoire :

Roxana (Marina Palii) est jeune fille au pair dans une famille française et s’occupe d’un jeune garçon de 5 ans avec qui elle développe une relation très fraternelle en l’absence des parents très occupés par leur emploi respectif. Elle lui apprend même le roumain !

Le mari, David ( Nicolas Duvauchelle), qui travaille pour la banque européenne de développement, lui propose de l’accompagner, comme interprète, dans une mission de « soi-disant négociation » pour la construction d’une autoroute dans la région d’où elle vient, en Moldavie roumaine. Elle accepte avec joie cette promotion.

Nicolas Duvauchelle (Image Arté)

En fait, il s’agit plutôt de concrétiser une décision déjà entérinée par le politique et la jeune femme n’est là que pour aider à convaincre les minorités locales, notamment religieuses mais aussi familiales…

L’autoroute, en effet, doit traverser cette forêt d’argent, un environnement sacré et protégé…

Le mari obtient sur place un accord contre une promesse de contournement de la zone, mais il est désavoué par sa hiérarchie, sans défendre son projet.

La jeune femme apprend, de plus, que la propre maison de ses parents va être irrémédiablement démolie pour l’accomplissement du projet. Trahie, elle décide de quitter son emploi pour retourner près des siens qui lui adressent également des reproches.

D’autre part, le jeune garçon qui l’aime, pour la suivre, fugue. Avant qu’on ne le retrouve, elle est arrêtée, accusée d’enlèvement.

Heureusement, le garçonnet est retrouvé indemne et elle, disculpée.

Conclusion

L’histoire se termine bien quant à la fausse accusation. Il n’en demeure pas moins que la question de confiance reste en suspens entre les différentes parties française et roumaine. Elles ne s’expliquent pas, ne se réconcilient pas. La rupture est définitive, ce qui m’attriste et me frustre étant donné les relations de confiance préalables qui existaient entre elles.

J’ose espérer aussi, que l’on puisse faire preuve de plus de diplomatie dans les affaires, d’honnêteté afin de préserver la nature, si malmenée par les intérêts financiers mais aussi les populations et leur culture.

Mais comme je l’ai dit, les clichés sont nombreux dans ce film et la Roumanie n’est plus très différente de la France en bien des domaines. Elle possède ses autoroutes (110 kms seulement en 2007, 685 en 2015, 823 en 2019 et beaucoup en construction selon Wikipédia : Liste des autoroutes de la Roumanie — Wikipédia (wikipedia.org) , une économie libérale consciente des enjeux économiques et, si beaucoup reste à réaliser, les gens y sont ouverts à la science et au progrès depuis déjà les années 90.

Malgré tout, j’étais content de trouver dans ce film quelques références à la culture roumaine, à Éminescu, et d’entendre parler cette belle langue que l’on ne loue pas assez parmi les latins.

Vous pouvez visionner le film sur YouTube en français (quelques passages en roumain sont sous-titrés).

Ma question :

En définitive ce film met en avant la difficulté d’établir un lien de confiance entre les peuples lorsque des préjugés préexistent de longue date.

Pensez-vous qu’un Français puisse faire confiance d’emblée à un Roumain et pourquoi non ? Mais pensez-vous qu’un Roumain puisse garder aujourd’hui envers un Français cette jolie confiance établie depuis la première guerre mondiale grâce à la solidarité (peut-être intéressée?) que la France a manifesté à l’égard de ce cousin latin ? L’Europe le nécessite, non ?

En cadeau, un poème de ma composition

L’amour

*

L’amour, l’amour ! parfait, sublime, universel…

En lequel un croyant discerne la noblesse ;

Mais tiendra t-il un jour parole, ses promesses ?

Même excessif, trop… ardent ou passionnel…

*

N’a pas encore vaincu le désordre du monde

Ni par l’âpre désir qu’il tend, ni par la messe…

Mais faudrait-il au vu des blessures qu’il laisse

Prêcher les âmes vides plutôt que les fécondes ?

*

Loin de celui qui dure, de celui qui contente…

Parmi les morts tragiques recenser ses victimes ?

À la source de vie, quintessence de rimes

Pour y trouver la chair exempte, la vacante…

*

La remplir des mystères flambants de ses aurores,

En tous genres qui viennent, nous possèdent, s’échappent

Vite comme nous sommes, perclus de handicaps,

D’autant de maladresses que de penchants retors…

*

Son histoire le prouve, les chiffres en attestent :

Quand son épidémie tourne au confinement,

(À son sujet, d’ailleurs, souvent, on triche, on ment !)

Il vous enfièvre et couche raide comme d’un ceste !

*

Pourtant, contrairement à ce qu’il manifeste,

Il n’est pas le fléau craint et de loin le pire !

Faudrait-il en souffrir qu’alors, sous son empire,

De nombreux volontaires s’offrent à cette peste…

*

Il serait à la fois le mal et le remède !

Et c’est pourquoi, grâce à sa propagande,

Le trompeur insolent présente sa prébende,

D’une flèche plantée au cœur du citharède…

*

Mais son seul défaut, oui ! ses seules défaites,

Dans sa délicatesse à souffrir… le menteur,

Laisse parfois le doute altérer ses valeurs

Face à ceux qui s’obstinent à retarder la fête.

*

Son éternité tarde au triomphe suprême

Par longanimité, il fait en sa mission

Preuve d’autant de force que de compromission,

Lui qui pardonne tout, toujours…sauf à lui-même.

*

Pat le 16 Septembre 2021

PS: L’image mise en avant provient de Pixabay et appartient à Gerd Altmann.

Pat

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2 commentaire

  1. Bonjour Pat,

    Je ne connais pas ce film. Je le regarderai ce weekend. Merci beaucoup du partage!
    Prends bien soin de toi!
    Bisou

    1. Toi aussi

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