Faisant suite (avec retard, pardonnez-nous) à cet article de M Grégory Rateau sur les enfants de la rue: https://lepetitjournal.com/bucarest/communaute/les-enfants-des-rues-cette-realite-qui-derange-228172, nous avions à coeur de réagir et d’apporter notre soutien à cette cause.

Lorsque nous avons commencé ce blog avec Mari, nous voulions présenter la Roumanie sous un jour lumineux.

Il n’est pas question pour nous de nier la réalité que d’ailleurs tout un chacun bien informé, même un Français, connaît : la Roumanie possède ses ruelles sombres, sa pauvreté, ses chemins cahotiques et ses enfants des rues…Mais à côté, quelles richesses ? Quelles espérances ?

Les enfants dans la rue, c’est plus que désolant ! Ils nous inspirent la crainte de l’avenir, ils sont le constat, le reflet de nos propres échecs d’adultes, de parents, échec aussi de l’autorité étatique peut-être qui n’assume pas son rôle, échec de l’Europe qui traîne à assurer plus d’égalité économique et sociale, échec du libéralisme qui ne tient pas les promesses qu’il avait suscité à la chute du communisme…dans un climat général d’égoïsme, d’impuissance et de résignation.

Mais je ne voudrais pas donner à penser encore que la France, l’Angleterre ou l’Allemagne peuvent donner des leçons et que tout y est mieux faisant le jeu toujours de l’immigration pour une jeunesse qui s’y retrouverait sans racines, perdue et tout aussi déshéritée…

En France le phénomène est censé ne pas exister : l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans (quoique…).

Une part de notre jeunesse s’y retrouve confinée, enfermée un peu comme dans les cités où à coups de millions dépensés on leur invente une éducation, des activités, une existence sans guère de perspectives au gré des politiques saupoudrées de socialisme, en fonction des budgets qui vont en s’amaigrissant. Tout cela pour se donner bonne conscience car quand la jeunesse s’ennuie, elle dérape, tombe dans les excès, parfois la délinquance et jusqu’à la recherche d’un véritable sens sens à donner à leur vie, certains tombent dans la drogue, partent pour le Jihad, dans des dérives sectaires…

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Source photo : Pixabay 

Oui, en France comme en Roumanie, une certaine jeunesse est A LA RUE dans une société vide de sens obsédée par l’argent, le matérialisme, la surconsommation.

Et ce n’est ni l’état, ni l’argent qui régleront le problème. Dixit Macron : Les trente glorieuses passées ont été consacrées à désavouer les riches…laissons les maintenant prospérer afin qu’ils investissent et nous pourrons consacrer un peu de leurs impôts à faire du social…en oubliant peut-être un peu vite aussi leur train de vie personnel et l’indécence avec laquelle ils étalent cette richesse sous les yeux des moins fortunés, donnant aussi en passant l’exemple à une jeunesse avide et envieuse, et en consommant plus sans doute que ne peut produire la planète…mais c’est un autre sujet…

Alors quoi dire, quoi faire ?

Je voudrais en regardant ces photos de l’article de Grégory, voir plus loin, derrière l’apparence de cette pauvreté, l’insolence aussi, le défi lancé à l’humanité d’une jeunesse pleine de ressources et d’énergie qui vit et qui rit malgré…et qui nous réapprend le véritable sens de la vie…Nous les avons abandonnés…pour notre propre malheur car ils ont tant à nous enseigner sur la vraie signification du mot besoin.

Et bravo à tous ceux dont les initiatives permettent de renouer le dialogue, de combler le « génération gap » ou mieux de donner de l’espoir et de trouver des solutions pour permettre à chaque individualité de trouver sa voie, sa place dans l’existence avec un peu d’argent certes mais surtout du temps, de l’attention et de l’affection.

Pat pour Roomanies

 

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Source photo : Pixabay 

L’or des bohémiens

Les enfants de la rue

Dans leur sourire narquois

Signent le désarroi

Dont ils nous savent émus…

 

Et le ton de leur voix

Typé d’impertinence

Couvre l’indifférence

Qui nous a rendu froids…

 

Les enfants d’Iliescu

Rejetons de partout…

D’autres Ceaucescu

De vous ! De moi ! De nous !

 

Le fruit d’un adultère ?

Ou celui d’un inceste ?

Qu’on fuit comme la peste

Ou déni d’une mère ?

 

Orphelins des nations,

Déchus de la jeunesse

Qui privés de tendresse…

Désavouent l’affection

 

Et nous renvoie l’écart…

Avec le superflu,

Dont nous sommes repus

Et devenus avares…

 

Mais dans leur regard noir

Des éclats scintillants

Percent le firmament

Des néants sans espoirs

 

Et Cardin les habille

Si nous voyons combien

De l’or des bohémiens

Paillette leurs pupilles !

 

Les enfants de la rue

Riches de leur savoir

De bitume et trottoirs

Qu’enseignent les pentues

 

Et vous Mesdames Messieurs

Qui leur tendez la main,

Voyant pour eux plus loin

Qu’un destin malheureux…

 

Roomanies vous salue.

Pat le 26/04/18

8 thoughts on “Les enfants de la rue

  1. Oui Mary Ana la France peut donner des leçons à
    la Roumanie en ce qui concerne le traitement de la pauvreté.
    Ce que je vois en France et en Roumanie n’est de ce point de vue absolument pas comparable.

    On ne refait pas l’histoire dramatique des orphelins roumains de même qu’il est difficile de nier l’absence
    d’une véritable politique du traitement de la pauvreté en Roumanie.
    Il faut tout simplement si j’ose dire avoir le courage de se frotter avec ce milieu. Et là le contenu de vos articles seraient écrits à l’aune du vécu, celui de ces miséreux, et pas seulement les enfants, qui font nos poubelles à Bucarest…

  2. Mari n’y est pour rien, je (pat) suis l’auteur de cet article et en tant que français si je ne connais pas la situation exacte des enfants là-bas, en Roumanie, en revanche je connais celle des français pour avoir été Éducateur dans une cité difficile et d’autre part mon objectif n’était en rien de minorer la situation dans laquelle se trouvent ces enfants à Bucarest. Comparer des situations difficiles serait indigne de ma part mais votre avis est parfaitement recevable et je le comprends, merci à vous

    1. Une excellente analyse de la situation que ce soit en Roumanie autant qu’en France. La critique est juste et réaliste : nous sommes entrés dans une ère d’ultralibéralisme qui laisse les plus démunis sur le bas-côté.
      Contrairement ce que veulent nous faire croire les politiques, les ultra-riches ne investissent pas et ne poussent pas à embaucher et former note jeunesse qui est pourtant leur avenir.
      L’humain passe après leurs dividendes et il est devenu une variable d’ajustement comptable.
      Ce qui est regrettable, c’est que depuis la politique de dérégulation initiée par Reagan et Thatcher et suivie par Jospin, l’Etat et les politiques n’ont plus la main mise réelle sur la politique économiques et industrielle: ils sont condamnés à prendre des mesures qui ne « fâchent » pas trop les grands possédants qui possèdent et usent de l’arme du chantage à l’emploi et la délocalisation.

      1. Merci car je vois que tu as compris l’objet de mon billet. Je craignais un peu les réactions car mourir de faim ou mourir d’ennui… ce n’est pas tout à fait la même chose, on peut y voir des différences de pauvreté mais ce qui est important pour moi et tu l’as bien vu c’est que dans les deux cas, le manque d’intérêt et de prise en compte de cette situation conduit à la catastrophe.

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